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Cedric Bernadotte, né en 1978 à Bourges, est un artiste contemporain français.Il intervient depuis 1999 dans l'espace public sur la question des limites entre l'espace public et le privé, le mobilier urbain et notre présence à la ville. Influencé par la pratique dugraffiti, les travaux des situationnistes et du collectif Stalker1 , il propose depuis 2001 du mobilier éphémère dans des espaces résiduels de la ville avec des matériaux économiques.
Il redonne ainsi des fonctions à des espaces inusités en créant des formes qui se greffent sur le mobilier préexistant afin de permettre aux passants de prendre le temps de se poser, regarder, aux enfants de jouer, puis de repartir. Il propose généralement des modes d'emploi pour réaliser soi-même ces interventions devant son immeuble, dans son quartier.
Dans la lignée du « do it yourself » , il fournit de nouvelles techniques de ré-appropriation d'espace en toute légalité. Ses structures gonflables, ultra légères confectionnées à partir de bâche de protection, « pour peintre», manifestent son désir de concevoir la rue autrement. Il a réalisé entre 1999 et 2005, de nombreux moulages d'espace, à l’aide de panneau solaire ou de simple ventilateur branché chez un commerçant.
Texte de Paul Ardenne issu du livre "100 Artistes du Street Art" aux éditions La Martiniére
Cédric Bernadotte impose avec douceur ses interventions dans la ville.A l'aide du mobilier existant tel que bancs, poteaux, colonnes, où encore arbres, il crée de nouveaux espaces à vivre au moyen de scotch et de cellophane. Les passants s'y installent et s'y prélassent. Les enfants jouent sur ces balançoires provisoires. Afin de ne pas agresser le regard, les tons sont plutôt neutre, blanc, noir et transparent. Cette nouvelle langueur, cette générosité à partager avec le spectateur conduisent à fonder un nouveau type de rêverie pour le promeneur solitaire. Ce design urbain éphémère permet en effet de faire découvrir l'architecture autrement, de cacher des points de vues ou d'en révéler d'autres, et de manière plus profonde, de faire réfléchir au question d'urbanisme. Dans le monde de Cedric Bernadotte, on se pose pour observer différemment sa ville ou des endroits où habituellement l'on ne va pas.Il arrête le regard ailleurs.Il va même jusqu'aux zones en friche, aux territoires en jachère, aux zones suburbaines, proche en cela du collectif italien, Stalker composé d'architectes, d'urbanistes et de chercheurs interrogeant la réalité urbaine et les pratiques qui s'y développent. Ces reflexions mettent également en jeu des notions économiques et éphémères qui demeurent au cœur du travail de Cedric Bernadotte. Il offre une seconde vie à des matériaux récupérés ou à ceux qui servent à emballer, employés dans le milieu industriel. La référence de l'arte povera, dans ces choix, est implicite.On décèle aussi chez lui une considération plus actuelle liée à l'écologie ou au recyclage. Enfin Cedric Bernadotte se signale ces dernières années par sa volonté croissante de faire entrer activement les passants dans sa création artistique. A Pau, dans le cadre d'expopromenade 2009, qui avait pour but de fairede la ville un lieu de rencontre et de connexion, il proposa des modes d'emploi pour que chacun puisse réaliser son installation devant son immeuble ou dans son quartier.Il travaille aussi beaucoup à Marseille. Ses infra-architectures dessinent en creux d'autres portraits de villes, ses installations permettant, elles, de souligner ou de surligner d'autres courbes et volumes. Parfois, elles en adoucissent les structures car ces couches de matières , à la manière d'enveloppements et de membranes, agissent comme une caresse. Un rêve que Cédric Bernadotte aimerait accomplir : se confronter aux colonnes de Buren, dans la cour d'honneur du Palais-Royal.
Bonjour,
RépondreSupprimerLa photo avec le graffiti est du Cellograff de Kanos et Astro .Pourriez-vous l'enlever?
Merci par avance.